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par Jacques Salomé – psychosociologue et écrivain
A peine sortis du ventre de notre mère, nous commençons à grandir les pieds sur la terre, la tête dans les étoiles, le cœur en émoi, dans l'attente d'un amour à donner ou à recevoir, sans pour autant cesser ne sentir que nous sommes des êtres au devenir fragiles, confrontés à l'incertitude des jours, tiraillés entre besoins et désirs, porteurs d'une espérance inouïe dans la vie qui nous habite.
Aussi pouvons-nous ajouter au privilège d'exister, celui de créer, par l'écriture poétique, un peu de bonheur et de le partager.
Ecrire de la poésie,
c'est oser ciseler des mots
comme si on peignait sur le corps d'une femme
(ou d'un homme !)
comme si on créait l'envol d'une sculpture,
comme si on dessinait le velouté d'une pomme fraichement cueillie,
comme si on buvait avec nos yeux
toute l'eau d'une goutte de rosée.
Ecrire ou lire de la poésie,
c'est donner à chaque mot plus de sens, du mouvement, du vivant
et leur laisser engendrer cette part de rêve
qui emportera le lecteur
bien au delà de ses émotions
vers l'immensité de l'espoir.
Ecrire et lire de la poésie
c'est contre vents et marées,
contre la tentation de la facilité,
ou la grisaille de certains jours,
aller vers plus de lumière
dans chacun de nos gestes.
C'est chaque fois agrandir et colorer encore et encore
un coin de ciel bleu
pour y loger le meilleur de nous mêmes.
Tout cela bien sûr
si nous acceptons d'entendre que la poésie peut être
une des compagnes parmi les plus fiables, les plus stimulantes
que nous aurons jamais en ce monde.
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