Thèmes d'application de la Méthode E.S.P.È.R.E.

Amour / Sexualité

Toutes les femmes sont des femmes fontaines,
mais toutes ne le savent pas !

par Jacques Salomé
Une lectrice attentive m’a écrit tout dernièrement et je ne peux m’empêcher d’offrir sa lettre à la communauté des femmes et des hommes (qui lisent aussi je l’imagine “Châtelaine” [mensuel québecquois])
« J’ai lu votre article sur les femmes fontaines dans un numéro de Psychologies de mars 2003, intéressant à bien des égards et qui a ce grand mérite de s’attacher à un sujet dont l’aspect tabou cède de plus en plus de terrain.
Depuis l’Antiquité, circulent beaucoup d’interrogations. Des hommes se sont penchés sur la question. Des messieurs, certes très respectables, médecins, urologues, sexologues, psychanalystes et scientifiques discourent sur le sujet. Des savants, sans aucun doute, mais peut-être pas de véritables connaisseurs, aucun amateurs suffisamment aimables comme nous le souhaiterions !
Alors même si le tabou de “l’éjaculation féminine” commence à sauter, le terme n’est pas tombé en désuétude, paraît-il, même s’il est trop connoté “masculin”, la vérité n’est pas encore sortie du trou, si j’ose dire.
Je n’ai aucun titre particulier pour apporter la bonne parole, ajoute ma lectrice, je n’ai que mon expérience personnelle, celle de mon corps de femme et là, malgré tout, déjà, j’ai quelques longueurs d’avance. Ce corps qui me raconte et me dit à travers son anatomie et ses sensations comment les choses se passent en moi.
C’est pourquoi je ne peux pas laisser “passer” certaines affirmations énoncées dans votre article sans réagir. Il s’agirait « d’un phénomène strictement physiologique et qu’on ne peut ni freiner ni provoquer. »
Il serait inutile écrivez-vous « de chercher le point F, les femmes fontaines émettent ce liquide sans qu’une zone particulière soit stimulée. C’est l’expression physiologique de l’orgasme, vaginal autant que clitoridien… », affirme avec force mon interlocutrice.
Ai-je vraiment écrit cela dans un moment d’égarement ou de lucidité aiguë ?
Un peu plus loin dans sa lettre, ma lectrice s’écrie (en grosses lettres), toute vibrante de son expérience : « FAUX, pour l’avoir vécu et le vivre encore, si on ne peut freiner cet émoi, je sais qu’on peut le provoquer. Mieux encore, chaque femme ainsi stimulée devient à coup sûr fontaine. Il suffit d’un homme averti, d’un “sourcier” ou d’un “fontainier” si vous préférez. En effet, la stimulation manuelle par le partenaire masculin d’un point bien précis, à l’endroit de ces glandes sous-cervicales de la vessie dont vous parlez, (jamais je peux en témoigner, je n’aurais utilisé des mots aussi barbares) provoque sous réserve d’une légère participation de la femme, une émission de liquide qui va crescendo avec la stimulation. Pour le succès de l’affaire, il faut simplement que la dame, un tant soit peu avertie elle aussi, de son corps et de ses sensations intimes “pousse”, et là… c’est l’inondation.
Plus qu’une fontaine coulante, c’est un geyser jaillissant. La sensation qui accompagne ce jaillissement est quelque peu différente de celle de l’orgasme. C’est autre chose, même si cela s’y apparente, c’est plutôt une sensation chaude d’abandon, de libération très agréable. L’écoulement est dans mon cas dissocié de l’orgasme à proprement parler… »
Je ne saurais mieux le dire et il est préférable que ce soit une femme qui l’affirme et nous le rappelle pour mieux être entendu par tous ceux qui vont me lire. Mon interlocutrice veut aller jusqu’au bout de ses découvertes. « Là, il n’est alors plus question de variation de flux, puisque c’est sans fin. Oui, aussi longtemps que le sourcier sollicite la source, le jaillissement continue. C’est comme cela que j’ai appris que j’étais une femme fontaine. Je suis même plus que cela, une femme geyser. En cela ni privilégiée ni handicapée par rapport aux autres femmes, car tout simplement, nous sommes toutes fontaines, mais nous ne le savons pas. »
C’est aussi ma conviction la plus profonde, toutes les femmes sont des femmes fontaines, des femmes jaillissantes, généreuses, abondantes dans leurs émois acceptés, partagés. Nous ne saurions trop le redire, nous, c’est-à-dire les femmes qui l’ont découvert, les hommes qui l’ont vécu avec ces mêmes femmes.
Et ma lectrice de conclure :
« Bien sûr, il faut trouver un fontainier, un homme qui sait, qui connaît bien le corps de la femme, encore mieux qu’elle-même ! La seule contrainte, prévenir le voisin du dessous contre le dégât des eaux qui pourrait survenir si le petit jeu se prolonge. Mais gare aussi au dégât du plafond en cas de geyser ! »
La fin ne manque pas d’humour tendre, et c’est bien ainsi pour un sujet, qui trop souvent prête à sourire narquois, et même à des jugements de valeur, qui sont blessants pour l’un ou l’autre des partenaires, qui osent parler de cette merveille mal connue que sont les femmes fontaines.
 
     
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