Thèmes d'application de la Méthode E.S.P.È.R.E.

Amour / Sexualité

De l’intimité personnelle à l’intimité partagée

par Jacques Salomé
Beaucoup pensent que l’intimité doit rester réservée, protégée et enfouie dans un jardin secret inaccessible aux autres et parfois même aux proches.
Cela est certainement vrai pour l’essentiel de l’intimité, pour cette partie de nous, qui n’appartient qu’à nous, qui nous confronte à nos zones secrètes d’ombres et de lumière, à des pensées, des fantasmes, des idées ou des projets qui traversent notre vie comme autant de météorites parcourent un ciel d’été.
Mais il est bien une intimité, qui doit être partagée dans l’abandon et la confiance, c’est l’intimité sexuelle. Si nous acceptons d’entendre et de reconnaître que la rencontre sexuelle est le creuset où vont se mêler tous les langages de la communication avec soi même et avec l’autre. L’autre ce « si proche », à qui nous allons faire suffisamment de confiance pour aller vers lui, le laisser s’approcher au plus près de nos émotions, de nos sentiments, de notre ressenti et surtout, surtout du pays infini de notre corps. L’intimité sexuelle ne se résume pas au fait de faire l’amour, mais elle contient tous les possibles de la communication, au sens fort du terme « mettre en commun ».
Mettre en commun une écoute du corps, du nôtre et de celui de l’autre, une attention sensible à ses attentes, à ses émois, à ses peurs aussi. Car toute rencontre sexuelle s’inscrit dans une histoire, celle de la découverte de notre sensualité aux premiers temps de notre vie, de la découverte du plaisir, de la confiance et de l’abandon et celle aussi de nos premiers émois sexuels avec la découverte de la différence des sexes, de nos premières tentatives pour accéder au plaisir, de nos premières tentatives d’approche du corps de l’autre. La rencontre sexuelle, même quand elle est protégée, en quelque sorte, par le mariage ou une vie de couple dans la durée, est toujours l’équivalent d’un miracle. Je veux dire par là, qu’il y a tant d’obstacles, de freins possibles, de malentendus pour freiner, empêcher, maltraiter le bon et le joyeux, l’abandon et la confiance qui sont les fondements de l’abandon et de la confiance pour accéder au plaisir.
Il ne suffit pas d’aimer, il ne suffit pas d’avoir du désir, aussi intense soit-t-il, pour faire l’amour. D’ailleurs, je n’aime pas ce mot faire, je crois qu’on devrait dire : « vivre l’amour ». Je crois, qu’il faut une qualité de la relation, qui permette une liberté d’être, qui donne envie d’offrir le meilleur de soi vers le meilleur de l’autre.
Vivre l’amour, faire l’amour est une belle aventure, qui mobilise chez chacun outre les possibles de son corps, tous les possibles de son imaginaire, toutes les ressources de son présent. C’est en faisant l’amour, qu’on accède, peut-être, au divin qui est en chacun de nous. À cette part d’intimité inouïe que nous avons envie d’offrir sans réserve à celui ou à celle que nous sentons suffisamment proche pour l’accueillir dans le plein de nous-mêmes, au plus proche de notre peau, au plus secret de notre intimité.
 
     
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