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Thèmes d'application de la Méthode E.S.P.È.R.E. |
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Le Couple |
Ré-inventer la vie en couple… |
| par Jacques Salomé |
| Le couple d'autrefois, (un autrefois pas si lointain), même s'il n'est pas totalement périmé ne peut plus servir de modèle aux aspirations des femmes et des hommes d'aujourd'hui. Celles-ci et ceux-là ne veulent plus s'engager sur des bases qui leur semblent trop fragiles ou trop périlleuses. Le modèle implicite de vie en couple, qui était proposé à ceux de ma génération (1935) reposait à la fois sur un contrat social (le plus souvent validé par un engagement religieux) et sur un contrat intime. |
| Contrat social dans lequel on mettait en commun des ressources, on partageait des biens, on cohabitait sur un même territoire, on liait l'essentiel de ses engagements à l'autre (attachement voulu ou subi) et on s'assurait d'une descendance. Engagement religieux qui garantissait la solidité du lien et de la fidélité en réciprocité même si ce dernier point était parfois transgressé). |
| Contrat intime à données variables dans lequel on offrait à l'autre l'intimité de son corps, on désirait (pas toujours) partager du plaisir, des affinités ou des complémentarités, pour permettre à chacun d'éprouver un contentement de soi, en imaginant que l'évolution de chacun se ferait en parallèle et au même rythme et que la vie commune durerait le plus longtemps possible. |
| La pression sociale, religieuse ou matérielle assurant une force de cohésion capable de résister (dans la plupart des cas) aux forces d'éclatement et d'individuation, de chacun des protagonistes toujours à l'œuvre dans un couple. |
| Les partenaires du couple d'aujourd'hui semblent ajouter une mission complémentaire, celle de se rendre mutuellement heureux, d'être en quelque sorte responsable du bonheur de l'autre et de donner une consistance et une durée à leur amour. |
| Cette mission implicite pouvant être ressenti comme étant à la source de la cohésion interne (la pression externe s'étant considérablement relâchée) nécessaire pour maintenir deux êtres ensemble, capable de lutter contre les forces de dispersion, d'individuation de chacun des partenaires. Ce n'est plus le couple qui protège et rassure, mais l'amour, la compréhension, l'attention que chacun doit se donner, que chacun attend de l'autre. |
| Ainsi les exigences relationnelles (mettre en commun, dialoguer, échanger, partager, se confronter avec ses différences et des désirs parfois concurrents) semblent être au premier plan des attentes de l'un et de l'autre. |
| La satisfaction des besoins relationnels (pouvoir se dire, être entendu, reconnu, valorisé, disposer d'une intimité et d'un pouvoir d'influence en réciprocité) prend aujourd'hui une grande place dans les attentes de chacun, mais surtout des femmes qui voient dans les bienfaits d'une bonne relation une sorte de garantie pour la survie du couple. La cohabitation harmonieuse d'une double intimité (intimité commune/partagée et intimité personnelle/réservée), la recherche d'une bonne distance, d'une sécurité affective et matérielle suffisantes pour affronter les contraintes liées aux multiples rôles que chacun est appelé à vivre (maman/mère, personnel/professionnel, mari/femme, filial et co-filial (avec les beaux-parents, avec les enfants, les « ex » et les belles-familles des couples recomposés…) semblent être parmi les préoccupations dominantes dans les nouveaux couples. Certains vont se donner en plus la mission de réussir là où ils ont vu leurs propres parents échouer. |
| Maintenir vivante, la relation du couple, va se révéler ainsi pour certains un véritable travail au quotidien. |
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