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Thèmes d'application de la Méthode E.S.P.È.R.E. |
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Parents / Enfants |
Les nouveaux pères |
| par Jacques Salomé |
| La rumeur est bien implantée, elle circule avec constance « il y aurait des nouveaux pères ! » Des pères pas comme les autres, pas comme ceux d'un passé encore récent, des pères complètement différents de tous ceux que nous, les pères d'hier, avions connus et parfois redoutés. |
| Tout se passe comme si des hommes d'une espèce particulière, doués de qualités et de ressources jusqu'alors inconnues ont fait leur apparition dans certains couples. |
| À quoi pouvons nous les reconnaître ? Eh bien, tout d'abord au fait qu'ils ne sont pas du tout (ou très peu) des pères, mais qu'ils se comportent surtout en papa ! Des papas gâteaux, des papas cool, Mac Do, des papas copains, joueurs, parfois (souvent) trop laxistes sur le plan des exigences au quotidien. |
| On peut les reconnaître aussi à certains comportements qui révèlent la part de féminin qui est en eux et qu'ils ne cachent plus, qu'ils s'autorisent au contraire à montrer, à vivre. |
| Dire encore qu'ils sont (en général) des maris présents, attentifs sinon attentionnés, actifs aux cotés de leurs épouses, participants non seulement aux tâches ménagères et à la gestion de la maison, mais à l'élevage de leurs enfants. Le mot élevage étant pris ici dans son sens le plus noble, celui l'élever, de faire grandir un petit d'homme. Ces nouveaux pères sont peu interventionnistes, peu répressifs, redoutent d'avoir à interdire, à punir, à se positionner justement dans leur fonction de père, qui serait faite de plus de vigilances, d'exigences, de contraintes ou d'interdits. |
| Ils se sentent souvent sur la même longueur d'onde que leurs enfants, semblent ne pas avoir grandi suffisamment pour s'imposer ou se manifester avec autorité. |
| Ces pères ne fuient pas les questions, ni les échanges, répondent ou plutôt donnent des opinions, mais ont du mal à transmettre des valeurs, à témoigner d'une loi qui fasse contrepoids à des désirs, qui puisse baliser la relation au monde de leurs enfants. |
| Ils ont du mal à dire non, préfèrent rester dans une relation de bienveillance, de gratification, pour ne pas être vus comme mauvais (ou semblables à leur propre père qu'ils ont parfois haï et rejeté). |
| Les enfants de ces nouveaux pères ont eu aussi des spécificités bien précises. Ils se sentent plus libres, mais aussi plus insécurisés, plus malins dans le sens de plus habile à utiliser, la vulnérabilité apparente de leurs pères. Ces enfants pratiquent sans beaucoup d'hésitations ou états d'âme les transgressions, naviguent au plus près entre les règles et les règlements, savent éviter la confrontation avec la réalité, sans avoir à subir les conséquences de leur comportement, sans avoir un prix à payer. Ces enfants ne redoutent ni les menaces, ni les sanctions ou les punitions. |
| Les nouveaux pères ne font pas peur, et ils sont rarement des modèles. Ils sont fréquemment disqualifiés par leur épouse, qui leur reprochent de ne pas « avoir d'autorité, de laisser tout faire », de les obliger à être trop mères (pour compenser) pas assez mamans qui auraient envie d'être compréhensives, gratifiantes auprès de leurs enfants, alors qu’elles doivent rappeler les devoirs, la toilette, la tenue à table, le langage, les règles élémentaires de politesse… |
| L'attitude des femmes reste ambivalente à l'égard de leurs partenaires. Elles apprécient à la fois la présence, l'aide ou le soutien et sont mal à l'aise face aux carences, au non-interventionnisme de leur co-parent, qu'elles doivent assumer. |
| Peut-être des ajustements, et au delà des mises au point, des engagements nouveaux devront-ils être pris par les hommes en désir d'être père ! |
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