Thèmes d'application de la Méthode E.S.P.È.R.E.

Société

Femmes et Hommes

par Jacques Salomé

On compare souvent le plus et le moins (dans différents domaines) ce que les femmes et les hommes ont ou n’ont pas, on cherche les différences (visibles et moins visibles), on évoque les incompréhensions et les malentendus (avec plus ou moins de satisfaction), on magnifie l’un et l’autre (pour les rapprocher, les apparier ou les isoler) mais tout cela me semble trop conventionnel et un peu vain.

Mon regard sur les femmes est totalement irrationnel.

Mon écoute est à la mesure d’une curiosité insatiable les concernant qui vient du fin fond de mon enfance (je n’ai jamais eu de sœur, ni de cousine) et les petites filles de mon quartier représentaient l’inconnu inaccessible et donc étaient porteuses d’une attirance irrésistible pour le jeune ignorant que j’étais.

Durant toute mon existence, mes élans vers les femmes ont été autant de rêves qui dynamisaient ma vie.

Mon approche les concernant est toujours inconditionnelle, louangeuse et étonnée. Je ne serais pas l’homme que je suis si je n’avais pas rencontré les femmes de ma vie.

Autant dire que je suis mal placé pour déterminer, évaluer, apprécier les compétences spécifiques des unes et des autres.

J’imagine cependant que je sais des femmes deux ou trois choses qui me permettent de mieux me positionner vis à vis d’elles, d’entendre leurs attentes ou leurs rêves sans tomber dans le piège de la comparaison, ou me perdre dans les schémas éculés qui circulent partout comme ceux que j’entends parfois.

  Les hommes seraient plus contrôlés, plus logiques, plus rationnels, plus dans la possessivité, la conquête…
  Les femmes par contre seraient plus spontanées, intuitives, irrationnelles et sensibles, plus dans le don (et parfois le sacrifice), le dévouement…

Ce qui m’intéresse, et ceux qui me lisent le savent, ce sont les questions d’éducation et au delà les enjeux de l’imprégnation parentale et culturelle sur les enfants.

Les femmes se sont beaucoup investies, ont été valorisées dans le passé dans les fonctions maternantes (maman, mère), dans la charge du foyer et dans la représentation (épouse) dans l’accompagnement et le soutien de l’homme.

Aujourd’hui elles aspirent à s’engager plus dans d’autres rôles qui peuvent entrer en rivalité avec les fonctions que je viens d’énoncer. Les engagements professionnels et citoyens, mais aussi la recherche d’échanges en réciprocité, l’ouverture au plaisir, à l’affirmation de soi mobilisent beaucoup de leurs énergies et paradoxalement peuvent menacer ou fragiliser leurs autres rôles et engagements, mais surtout déstabiliser les hommes.

Je crois que les femmes ont ce pouvoir de nous autoriser (dans le sens de rendre auteur) nous les hommes à être plus nous-mêmes.

Elles ont la capacité de jouer un rôle important, vital dans les orientations qui seront données aux recherches des sciences de la vie. Il me semble qu’elles sont moins prédatrices que les hommes, que le souci (ou le goût) de la prédation et de la destruction est moins manifeste chez elles. Ainsi je ne peux penser que c’est une femme ingénieur qui a mis au point le concept de mine antipersonnel !

Les enfants, nous le savons sont principalement élevés par les mères qui transmettent quelques uns des modèles de comportement d’affirmation ou de soumission, de combativité ou de révolte, d’ouverture ou de fermeture au monde.

Cette transmission se fait à travers des messages faits de mots, de gestes, et de conduites qui circulent entre une mère et ses enfants, dans ce que j’appelle le biberon relationnel.

C’est par le biberon relationnel que sont véhiculés les interdits, les censures et les modèles qui vont confirmer les attentes, les désirs et les peurs des parents. Il alimente les missions de réparation, les fidélités proposées, choisies.

Ces messages ne sont pas les mêmes entre une mère et sa fille et une mère et son fils, ils semblent qu’ils pénalisent plus les filles que les garçons.

L’accès des femmes au savoir est relativement récent dans l’histoire de l’humanité, il reste encore interdit, limité à un grand nombre de femmes dans le monde qui se trouvent enfermées dans les activités de survie (alimentation, santé, bien être physique des enfants et de la famille. Le refus ou le contrôle de l’accès au savoir constitue d’ailleurs un des enjeux (et donc de résistances) aux intégristes religieux et autres.

Ce serait une erreur de confondre ce qu’une femme fait et ce qu’elle est. Ce qu’elles font dépend encore trop du pouvoir des hommes. Ce qu’elles sont dépend de plus en plus d’elles mêmes (travail personnel sur soi, engagements divers, lectures…)

En dominante, leurs centres d’intérêt me semble être le respect et maintient de la vie, un combat permanent pour maintenir la qualité de la vie au quotidien, dans une approche de la réalité plus charnelle, moins mentale. Une écoute plus fine, un regard plus tendre pour la faiblesse, la vulnérabilité des hommes.

Je voudrais ne pas oublier les femmes de ma vie qui ont joué un rôle essentiel dans mon développement.

  Ma mère bien sûr avec son amour, sa cohérence, ses maladresses et son bon sens à toute épreuve.
  Cette institutrice remplaçante qui m’a fait découvrir que je pouvais ne pas être un cancre à vie.
  Cette infirmière qui lorsque j’étais couché dans le plâtre durant quatre ans, m’a accepté tel que j’étais, j’ai envie de dire inconditionnellement.
  Il y a aussi, celle, la première, qui m’a initiée à l’amour.
  Celle qui a déclenché ma vocation pour la psychologie et les relations humaines.
  Celle qui m’a transformée en père et en papa
  Celle qui m’accompagne aujourd’hui, respectueuse de mes errances et de mes enthousiasmes.
Les femmes vont continuer à jouer un rôle important dans l’existence de tous, au présent, à chaque instant, dans tous les mouvements de la vie. Il nous appartient d’apprendre à non seulement les aimer mais à les respecter avec le meilleur de nous mêmes.
 

Jacques Salomé, est l'auteur de :
Le courage d’être soi - Ed. Pocket
Une vie à se dire - Ed. Pocket
Et si nous inventions notre vie ? - Ed. du Relié
N’oublie pas l’éternité - Ed. Albin Michel

 
     
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