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par Jacques Salomé psychosociologue et écrivain
Avant de se déposer en nous, les humains, la vie est apparue sur la terre au travers d’une succession de mutations, de transformations, d’ajustements et de contradictions ou peut être certains en ont la croyance par l’amour d’un dieu bienveillant ou la découverte inachevée d’un apprenti sorcier. Le mystère, pour l’instant reste entier, respectons le si nous le pouvons.
Si une première parcelle de vie se dépose en nous au moment de la conception, puis se développe et se structure au cours de la gestation pour apparaître au grand jour à notre naissance, il ne faut jamais oublier que d'autres parcelles de vie surgissent à chaque instant dans une existence et viennent s'ajouter et agrandir ainsi ce premier cadeau reçu en dépôt. Ainsi la vie se recrée en permanence à l’intérieur de nous et se donner avec une générosité infinie. Parfois elle peut s'égarer et se perdre, se taire ou chanter, mais elle renaît sans cesse, se forge, se prolonge aux grés des forces subtiles qui s'agitent autour de ceux qui la portent en eux.
Ce qu’il faudrait apprendre à nos enfants, c’est que la vivance de la vie, c'est à dire cette qualité d’être de la vie, de densité, d'intensité, de ferveur et de puissance qui nous habite à certains moments et pas à d'autres, est à entretenir, à nourrir à chaque instant.
On pourrait dire que la vie humaine est une vibration reliée à une Vie plus large, plus infinie, plus immense qui l’entoure, l’accompagne et peut être même la transcende quand elle révèle le divin qui est en chacun.
La vie n'est jamais statique, elle est dans une mouvance constante qui nous surprend, nous étonne, nous comble, nous bouscule ou nous dérange parfois. C'est notre responsabilité de ne pas la violenter, la forcer ou la maltraiter, mais d'apprendre à l'apprivoiser, à l'encourager, à l'aimer et à l’honorer.
J'entends parfois autour de moi, dire que “la vie est difficile”, qu’elle est “dure ou injuste…”, “qu’elle n’est pas bien faite !”. Ce n'est pas la vie qui se présente comme cela à nous, mais nous qui l'ignorons, la violentons, la nions jusqu'à ce qu'elle se rappelle à nous. C'est bien les humains qui en jouissent à corps perdus et en même temps la galvaudent, la maltraitent, la brutalisent avec le plus complet des aveuglements et une inconscience rare.
Je trouve que la vie, dans ses manifestations multiples, est une succession de miracles infinis et permanents. C'est un mouvement, un élan, un souffle qui soudain s'éveille, s'élance, se reprend et se donne en entier à qui sait l'accueillir.
Si nous la respectons déjà à l'intérieur de nous, si nous lui donnons tout l'espace et le bon qu'elle mérite, si nous apprenons à la remercier, à l'honorer par un geste simple chaque matin, nous commençons à la dynamiser. Nous pourrions lui offrir une pensée, un geste, un mouvement, une offrande pour la remercier d’être simplement présente en nous, autour de nous.
La vie ardente a besoin de notre compassion et de tout notre respect, elle requiert nôtre vigilance et notre enthousiasme pour se maintenir vivante.
Apprenons à nos enfants, ce que nous pouvons apprendre pour nous –mêmes, que la vie est un enchantement pour qui sait la recevoir en entier et l’aimer.
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