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par Jacques Salomé psychosociologue et écrivain
Pour sa propre survie, il me semble qu'une mutation des savoirs et des savoirs être est nécessaire chez les humains que nous sommes. Cette mutation est certainement en cours, mais elle avance lentement, trop lentement. A petits pas feutrés, elle se manifeste surtout par des interrogations nouvelles et pressantes : comment arrêter de maltraiter notre environnement proche et plus lointain ?, comment mieux gérer sa relation à la nourriture ?, aux modes ?, à l'utilisation de l'énergie disponible ?, comment garder un sens critique face à l'information ?, comment éradiquer la violence ?, comment apprendre à vivre ensemble ?, comment procéder à une meilleure répartition des ressources de la planète Terre ?, comment développer l'équité face aux inégalités ?, comment apprendre à se respecter et à s'aimer ?
Mais il ne suffit pas de nous interroger, de nous inquiéter ou même de militer pour un monde meilleur, encore faut-il accepter de concrétiser tout cela au quotidien et d'inscrire (par un travail sur soi ?) des changements et des mutations, non seulement dans nos comportements mais aussi dans nos structures mentales. Peut-être devrions-nous nous bousculer un peu plus vite, car il y a urgence, péril dans la maison Vie. Il s'agit de mutations rendues indispensables non parce que nos besoins de mieux comprendre le monde, la vie et nous-mêmes ont changé, mais parce que c'est la Vie même qui est en danger.
Ce n'est pas seulement l'espèce humaine qui est menacée de disparition par le génie humain lui-même, c'est la Vie et ses possibles. Quand je parle du génie humain, je devrais préciser qu'il s'agit surtout d'aveuglement, d'un désir insatiable de consommer, de s'approprier des connaissances sans les baliser par une éthique associée au bien commun. Que l'appétence d'un pouvoir mortifère pour contrôler, dominer est sans limites chez certains, que le besoin de s'approprier, de conquérir, de maîtriser s'élance au-delà de l'univers visible vers l'espace infini du cosmos.
Le drame c'est que nous avons peu de références, peu de repères, peu d'ancrages sur ces nouveaux savoirs à découvrir ou anciens savoirs à retrouver. Pas encore.
Certains perçoivent intuitivement qu'il faudrait pouvoir développer plus de compassion, d'autres (dont je suis) pensent qu'il serait nécessaire d'apprendre des règles d'hygiène relationnelle favorisant des échanges et des partages en réciprocité et donc une communication sans violence. D'autres proclament qu'il faudrait accueillir le divin qui est en chacun et d'autres encore qu'il est urgent de se réconcilier avec Dieu ! Parmi eux certains pensant que le sien est le seul capable d'endiguer la détresse et le désarroi du monde.
Il en est qui sont persuadés qu'il faut revenir aux sources, retrouver sagesse, lâcher prise et amour dans des enseignements immémoriaux transmis de maîtres à disciples.
Nous sommes dans une période de transition ouverte sur des changements et des choix qui de toute façon seront délicats, coûteux et difficiles à faire.
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