Décembre 2012 - proposition envoyée au Ministère de la Famille et au Ministère de l'Education nationale - par Jacques Salomé

Depuis quelques années, l’opinion est de plus en plus souvent alertée par la violence et la dégradation des comportements qui s’expriment à l’école, tant sur les biens, que sur les personnes. Les incivilités de plus en plus fréquentes des élèves s’affichent très tôt, parfois même dès l’école maternelle. Aujourd’hui, les agressions entre élèves et envers les enseignants sont heureusement fortement dénoncées. Cependant, certaines statistiques font état de chiffres inquiétants qui indiquent que la majorité des violences a lieu parmi les élèves entre eux, au sein de l’école.

Un récent avis du Conseil économique, social et environnemental intitulé « l’Education civique à l’école » s’est penché sur ce problème. Cet avis préconise une éducation civique dès la maternelle considérant que l’instruction civique qui visait, autrefois, à transmettre des savoirs et des règles de comportement, le reste étant de la compétence des familles, n’est plus en adéquation avec l’évolution de la société. En effet, l’instabilité des couples, le nombre important de familles monoparentales où le père n’est plus présent pour imposer des limites, les conditions de vie précaires, le chômage, rendent de plus en plus difficiles l’éducation des enfants. De plus, l’environnement consumériste ainsi que le savoir désordonné et dispersé, accessible sans difficulté sur internet, contribuent à offrir de faux repères, des connaissances erronées créant ainsi de nombreuses confusions (entre le virtuel et la réalité) dans l’esprit de bien des jeunes. Aujourd’hui, de nombreuses familles se sentent démunies et demandent à être secondées par l’école dans leur mission éducative. L’école devrait pouvoir répondre (avec une formation adaptée des enseignants) à cette demande éducative toute en assurant sa mission prioritaire qui demeure l’instruction à la citoyenneté, la transmission de savoirs, l’acquisition de savoirs faire. Elle devrait pouvoir devenir un lieu où l’expérimentation de la vie en commun dans le partage des différences, le respect d’autrui et un enseignement de la communication relationnelle puisse trouver toute sa place.

Quelques expériences éducatives mises en place tant en France qu’au Canada se sont avérées très prometteuses. En effet, des enseignants spécialisés en communication, présents ou extérieurs à l’école, formés à la communication et aux relations humaines et/ou à la communication sans violence, ont réussi à mettre en place des outils et méthodes pédagogiques favorisant l’apprentissage de la communication relationnelle basée sur des règles d’hygiène relationnelle simples favorisant l’écoute, le dialogue, le partage, l’estime de soi, le respect d’autrui, la tolérance et l’ouverture aux autres. Ces projets innovants ont permis de créer des liens d’estime entre les élèves et entre les professeurs et les élèves au sein d’établissement scolaires qui connaissaient de réelles difficultés. Les élèves ont appris à se rencontrer, à s’écouter, à faire tomber leurs craintes, leurs peurs ou leurs projections. En favorisant une mise en commun de leurs expériences réciproques, de leurs vécus et de leurs croyances, ils ont appris l’importance et la nécessité d’oser mettre des mots pour ne pas avoir à produire des maux sur autrui ou sur eux mêmes.

L’école, lieu de brassage social, devrait pouvoir devenir ce lieu d’inclusion où le sentiment d’appartenance à un même lieu de vie, peut devenir un faire-valoir pour développer la confiance en soi et favoriser la réussite scolaire. La loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’Ecole du 23 avril 2005 dans son article 34 ouvre la possibilité d’innover dans le système scolaire, au titre de l’expérimentation. Il nous a semblé utile de tirer profit dès à présent de certaines expérimentations en rendant obligatoire dès l’école maternelle un enseignement de la communication et des relations humaines. Cet enseignement devrait pouvoir s’intégrer dans les programmes scolaires comme activité d’éveil sous forme d’atelier à raison de 2 heures par mois. Entre le cabinet du médecin ou du psychologue il y a un espace à créer au sein de l’école pour traiter les difficultés du quotidien et favoriser l’apprentissage du savoir vivre ensemble dans le respect des différences. Cette proposition devrait pouvoir contribuer à la lutte contre les incivilités et les agressions en milieu scolaire dont sont victimes, aujourd’hui, trop d’élèves et de professeurs. Les moyens peu coûteux, nécessaires à sa mise en œuvre, devraient pouvoir allier une formation aux relations humaine des jeunes, tout en favorisant leur intégration et leur réussite dans un cadre scolaire. Tel est l’objet de la présente proposition qui vous est soumise. 

Propositions concrètes. Mettre en place de recherche-action pilotes dans une ou plusieurs communes de tailles moyenne en direction de quelques groupes scolaires ou écoles élémentaire, en favorisant la mise en place d’un projet en deux temps :

- formation d’enseignants et de parents volontaires à la communication relationnelle

- organisation, par ces mêmes enseignants, dans le cursus scolaire et par des parents (en parallèle au cursus scolaire) d’ateliers où seraient pratiquer avec les élèves quelques règles d’hygiène relationnelle communes, permettant à ceux-ci de pouvoir mettre en commun, partager et se confronter les uns aux autres, avec leurs ressources, leurs limites et leurs différences.

Si tel était le cas, une équipe de formateurs ESPERE seraient prêts à s’engager en proposant une formation de base aux enseignants motivés qui accepteraient de s’investir dans une telle expérience innovante.