Eduquer à la beauté… 

… Cela pourrait consister en une sensibilisation de l’esprit, une stimulation du cerveau droit, pour agrandir en chacun de nous la capacité de s’émerveiller à la rencontre de l’imprévisible harmonie. Un éveil pour s’emplir de la stupeur d’être touché et rejoint par la beauté vagabonde, un passage pour l’émotion d’être amplifié par l’inouï. Le beau a des visages si diversifiés, si paradoxaux parfois, qu’il peut être important d’en découvrir les formes subtiles, contradictoires ou paradoxales.

Le monde entier est une source permanente souvent cachée de bonté et de générosité. La beauté peut être d’une extrême fragilité dans l’éphémère d’une création, dans le soupir d’un artiste ou d’un créateur anonyme. Elle ne s'impose pas toujours dans la discrétion d’une offrande à tous. La beauté naturelle est labile, généreuse et inquiète à la fois.

Au-delà de ce virus qui nous éloigne un de l’autre, des violences qui se multiplient, des guerres insoupçonnées qui naissent, des tortures ou des injustices irrémédiables qui se produisent, la Beauté, elle ne meurt jamais.

Une éducation à la beauté supposera d’éveiller des sensibilités pour donner à chacun de nos sens le goût de la caresse, l’odeur de la rencontre, l’ouïe du plaisir. Ce sera la tâche essentielle d’une éducation à l'approche, à la reconnaissance et à l’amour du beau.

Car la beauté reconnue, rencontrée, apprivoisée, nous rend définitivement bon. Elle désamorce l’agressivité, nous rend plus permissifs et surtout elle nous contamine à jamais en nous transformant en des amoureux d’absolu.

La rencontre avec la beauté peut nous relier au meilleur de nous.

           Jacques Salomé  –  « Du meilleur de soi au meilleur de l’autre »  et  « La vie à chaque instant »